Choisie par JAKOB+MACFARLANE

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Née en 1980, vit et travaille à Paris.
Elle obtient le Diplôme National Supérieur d’Expression plastique en 2004 et est diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Depuis plusieurs années, elle semble vouloir tisser les liens invisibles qui unissent les matières élémentaires de l’univers. Son travail découle d’une recherche empirique à entrées multiples : écoute et capture de matériaux ou de phénomènes naturels, exploration des différents états de la matière, observation méticuleuse de substances insaisissables.

Charlotte Charbonnel, née en 1980, vit et travaille à Paris. Après un séjour de 3 mois à la Sanskriti Kendra Foundation à Dehli en 2003, elle obtient le Diplôme National Supérieur d’Expression plastique (Ecole Supérieure des Beaux Arts de Tours) en 2004 et est diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, secteur Art / Espace, avec les félicitations du jury en 2008. Elle est représentée par Backslash Gallery à Paris.

Depuis plusieurs années, Charlotte Charbonnel semble vouloir tisser les liens invisibles qui unissent les matières élémentaires de l’univers. Son travail découle d’une recherche empirique à entrées multiples : écoute et capture de matériaux ou de phé- nomènes naturels, exploration des différents états de la matière, observation méticuleuse de substances insaisissables… Elle trouve ainsi dans les fluides indécis, les ondes capricieuses, les nuées, fumées, ou autres formes brumeuses, un terrain d’ex- périmentations illimité. Elle en suit les traces, les archive ou les collectionne. L’auscultation méticuleuse de la nature a conduit l’artiste à s’intéresser de près aux fluides ou aux vibrations mécaniques des matériaux : chants des cailloux dans une rivière, sifflement du vent islandais… Le son s’est révélé être un moyen évident de captation et de transmission. Lorsqu’elle confronte son et architecture, la recherche de la nature cachée des éléments prend parfois la forme d’une enquête géologique : sonder le bâtiment pour révéler les couches invisibles de ses sédiments, ses flux et énergies impalpables. Les différents processus qu’elle met en place laissent faire le mouvement et l’indétermination. Les formes que ceux-ci produisent, liées à la recherche des constituants élémentaires de l’univers, constituent un levier pour une pensée magique, une forme de pensée universelle et permanente relevant, comme Claude Lévi-Strauss l’a souligné, d’une certaine disposition de l’esprit humain face aux choses. Les analogies que Charlotte Charbonnel cherche à faire entre les éléments ouvrent ainsi la voie à un plan profond de la pensée où les métamorphoses de la matière qu’elle donne à voir finissent par avoir un pouvoir transformateur universel, réveillant au passage notre capacité à nous émerveiller. Gaston Bachelard disait que l’imagination plutôt que d’être la faculté de former des images était la faculté de déformer les images fournies par la perception, ceci en nous permettant de nous libérer des images premières. En suivant des protocoles précis qui donnent à percevoir différemment un phénomène complexe, l’artiste crée un terreau fertile à l’imaginaire. Elle revisite avec enchantement les formes qui ont toujours exercé une fascination sur les Hommes : celles qui se situent dans l’interaction des quatre éléments ou la nature élémentaire de l’univers, rendant la vision d’un ciel étoilé ou le spectacle de la formation des nuages magnétisants.

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