Golnaz BEHROUZNIA

Golnaz Behrouznia se fait connaître depuis plusieurs années par un travail plurimédia enté sur la chose vivante. Les formes qu’elle développe patiemment, depuis son passage par les Beaux Arts à Téhéran et la Création Numérique à Toulouse, ne sont pas sans parenté avec ce que nous savons de l’organisation de la vie : on peut reconnaître ainsi sur ses « chimères » des yeux, des membres, des flagelles, peut-être des bouches, des estomacs.

En regardant ses dessins, ses sculptures, ses installations et performances, on ne se sent pas totalement désorienté, sans qu’il s’agisse pour autant d’une représentation d’artiste.

Dans ce fragile équilibre entre l’impression de connu et la sensation de n’être pas non plus dans la représentation d’après spécimen, le spectateur hésite, se demande s’il connaît ce qu’il voit, ou bien s’il est en face de quelque chose de tout à fait inconnu, dont il n’aurait jamais vu le référent.

La séduction de l’œuvre de Golnaz Behrouznia s’opère à partir de cet instant, ce point de déséquilibre où se tient toujours le spectateur - même s’il fréquente ces œuvres très régulièrement. Les voir et les revoir plusieurs fois ne résout pas l’énigme.

Les travaux récents de Golnaz Behrouznia reposent sur une volonté d’interroger les enjeux sociétaux et environnementaux

avec les outils mêmes qui ont façonné nos trente dernières années. La présence de formes étrangères, biomorphiques, mélangées à des éléments de paysage urbain reconnaissables, feront éprouver au spectateur le sentiment d’être dans une mutation du monde tel qu’il le connaît. Dans Dissimilarium, c’est la question brûlante de savoir comment habiter le monde, quand il est peut-être une illusion, ou quand il est peut-être déjà trop tard, ou quand l’hybridation a fait disparaître la monade originelle.

En 2021, elle imagine Geomorph Momenta, une installation audiovisuelle immersive influencée par les données de rétroactions bio-géologiques au sein de l’environnement terrestre (en coll. avec Maxime Corbeil-Perron et le géochimiste Antoine Cogez).

Reverse Phylogenesis (2022) avec Dominique Peysson, est une installation à la manière d’un musée d’histoire naturelle, qui revisite l’émergence du vivant, l’évolution et interroge la nature de la vie (scénographie Rémi Boulnois, univers sonore Florent Colautti).

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Ses dessins, installations et performances ont participé à plusieurs expositions en Iran, en France et dans d’autres pays, notamment à l’exposition collective Vita Nova (Paris, 2015), à la Biennale Bains Numériques, Centre des Arts (Enghien les Bains 2016), à l’événement « Crossing Art, Science and Environment », l’université de Sfax (Tunisie, 2016), au festival Tadaex (Téhéran, 2017), au festival ADAF (Athènes, 2017), au musée GMAC pour le festival OverTheReal (Viareggio, Italie, 2017), au Quai des Savoirs (Toulouse, 2019, 2021), au festival VIDEOFORMES (Clermont-Ferrand, 2017, 2019, 2022), au centre d’art Espace Croisé (Roubaix, 2017), au Palais du Coudenberg pour le festival BEM (Bruxelles 2018), au centre culturel Kino Šiškade (Ljubljana, 2019), au festival Canal Connect (Madrid, 2022).