Justine Emard (née en 1987), artiste, explore les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie.

En associant les différents médiums de l’image : de la photographie, vidéo, réalité virtuelle et performance, elle situe son travail artistique dans un flux entre la robotique, les neurosciences, la vie organique et l’intelligence artificielle.

De la création d’un dialogue entre un robot androïde et un psychologue (Erika, film de recherche, 2016), à la matérialisation de rêves en impressions 3D (Dance Me Deep, 2020), en passant par une performance avec un moine bouddhiste (Heavy Requiem, 2019), ses œuvres tissent de nouveaux récits issus d’interactions humain-machines et autour de l’incarnation de données. 

Dans Co(AI)xistence (2017), elle mets en scène une première rencontre entre deux formes de vies différentes : un danseur / acteur (Mirai Moriyama) et le robot Alter, animé par une forme de vie primitive basée sur un système neuronal, une intelligence artificielle (IA) programmée par le laboratoire de Takashi Ikegami (Université de Tokyo), dont l’incarnation humanoïde a été créée par le laboratoire de Hiroshi Ishiguro (Université d’Osaka). 

Grâce à un système d’apprentissage profond, l’IA apprend de l’humain, comme l’humain apprend de la machine, pour tenter de définir de nouvelles perspectives de coexistence.Une esquisse des possibilités du futur apparaît dans Soul Shift (2019) et Symbiotic Rituals (2019), lorsque différentes générations de robots commencent à se reconnaître. Leur apparence minimale autorise une projection émotionnelle, en ouvrant un espace pour l’imagination.

Le Japon, que l’artiste a découvert en 2012 et où elle continue de se rendre régulièrement, a sensiblement marqué son travail. Au cours de ses multiples séjours, elle s’est aperçue de l’existence de connexions entre sa pratique des nouveaux médias et la philosophie japonaise; en particulier avec le shintoïsme qui confère un caractère sacré à la nature.
Cette pensée animiste, encore vivace à l’époque des technologies connectées, affleure dans Exovisions (2017), une installation composée de pierres, de bois pétrifiés, d’argile prise dans la roche et d’une application de réalité augmentée. Depuis 2016, elle élabore sa série photographique
La Naissance des Robots (2016-2020) dans une perspective anthropologique de l’évolution humaine entre archéologie et robotique androïde.

Depuis 2011, elle montre son travail lors d’expositions personnelles en France, Corée du Sud, Japon, Canada, Colombie, Suède et Italie. Elle participe également à des expositions collectives: la 7ème Biennale internationale d’Art Contemporain de Moscou, le NRW Forum (Düsseldorf), le National Museum of Singapore (Singapour), le Moscow Museum of Modern Art, l’institut Itaú Cultural (São Paulo), la Cinémathèque Québécoise (Montréal), le Irish Museum of Modern Art (Dublin), le Mori Art Museum (Tokyo) et le Barbican Center (Londres).

www.justineemard.com

Exovisions, installation ( objets et realite aufmentee), 2017

The Birth of the Robots, installation photographique, 2018

Soul Shift, video, 2017

Reborn, installation video, 2016

Heavy Requiem, avec Keiichiro shibuya, Eizen Fujiwara, performance, 2019

Co(AI)xistence, installation video, 2017