Kim KototamaLune

Sélectionnée par Yoyo Maeght

Le point de départ : la mort de mon père que je n’ai jamais connu. Cela m’a propulsée, telle une nécessité, dans un tourbillon de questions vertigineuses sur la mort, l’absence, le vide, l’origine de la vie…

Ces oeuvres tentent de recréer une sorte de monde d’entre- deux où tous les potentiels de vie auraient un lieu pour s’activer car je crois en la force de l’émerveillement et de la poésie pour commencer à changer de regard sur les événements. C’est un monde qui ferait le lien entre le visible et l’invisible, ainsi qu’une sorte de sanctuaire où le recueillement est possible dans un monde où il y a finalement très peu d’espace-temps pour le faire une fois confronté à la mort.

Nourrie des mondes sous-marin mais également de neurosciences et de physique quantique, je tisse patiemment tous ces réseaux. Mon passé de créatrice textile et de modéliste tailleur donne à mon verre de la souplesse organique en faisant de la dentelle de verre. Chaque soudure est faite une à une jusqu’à l’apparition de la forme car j’ai fait le choix de créer mes oeuvres sans moule pour me confronter au vide. Changement de ma perception du Réel…

Mes outils : un chalumeau, des baguettes et des tubes de verre, dessiner librement dans l’espace. Un rapport au temps qui me permet de « conscientiser » la forme.
Figure centrale, Le Foetus est le symbole de l’Aube permanente, des potentiels sommeillant en chacun et en attente d’une rencontre pour s’éveiller.

Le Jardin de Micro-organismes est un travail en évolution constante.
Créer un jardin de plus en plus grand, où chacun composerait son propre jardin selon ses affinités. Des intuitions nées de ma pratique de réflexologie et de massage avec une base de médecine chinoise associée à la perception occidentale du corps.

Ces micro-organismes sont particulièrement importants dans le corps humain au vu des dernières recherches concernant les intestins. Mon oeuvre est ainsi très fortement reliée à ce qui fait un corps, questionne notre rapport au corps, à sa surface comme dans ses profondeurs.

Le lien étroit entre macrocosme et microcosme est très présent. La fragilité du verre est à l’image de la vie. Malgré les aléas, il est toujours possible de redonner forme au verre qui se retravaille à l’infini. C’est très émouvant de voir les gens se familiariser avec cette fragilité et ne plus en avoir peur à force de la côtoyer.