Marta Jonville / Zébra3

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Acting-out

Centre d’art contemporain, Castel Coucou, Forbach, Juin 2007

Cette performance prenait appui sur une des dernières scènes du film de Brian de Palma, «Carrie et le bal du diable» où l’héroïne, habillée d’une robe blanche, reçoit un seau de sang de cochon sur la tête. Ce sang est une souillure, symbolisant le sang des règles.

Pour ma part, je reçois un seau de sauce tomate, jeté du haut d’un escabeau. Le dispositif est visible, grotesque. Cette performance a eu lieu deux fois dans la soirée. Deux fois je me suis retrouvée recouverte de tomates, deux fois je suis allée toute habillée me rincer dans une baignoire.

A la différence de Carrie, la scène n’est pas tragique. Le sang est neutralisasé, il n’est plus impure et par analogie les menstruations sont dédramatisées. Le corps est libéré des préjugés. La performance se déroulait devant un public invité à un repas et à bal pour la clôture de saison du Castel

Coucou et de la Scène Nationale du Carreau à Forbach.

Marta Jonville

 

 

Quand une assistante, perchée sur une échelle, lui déverse un seau de sauce tomate sur une scène face à la foule, elle est aspergée de plaisir, et n’en reproduit pas moins le cauchemar éveillé du célèbre Carrie au bal du diable. L’angoisse ontologique, à peine citée, se voit détournée par l’artiste au travail, à la recherche d’une satisfaction intime et spéculaire.
Marta Jonville se prête au jeu du modèle. La nudité le plus souvent comme attribut, elle incarne dans ses photos des effigies, de Courtney Love à Ophélie, réelles, fictives voire virtuelles. La femme serait-elle un mythe ? À l’image de celui de l’artiste ? Marta joue de cette ambivalence, de ce rôle jamais conquis de l’artiste dans une société, à travers l’image d’un modèle entreprenant lui-même sa représentation.
Le baiser, motif à de nombreuses photos et vidéos, est un adhésif qui colle le discours à son lieu stratège.

 

Sarah Koss



Performeuse à l’énergie débordante, Marta Jonville ne travaille jamais seule. Elle associe des invités à ses actions et trouve dans cette pratique joyeuse et iconoclaste, l’espace de liberté qu’elle recherche. Dans la lignée des mouvements Dada et Fluxus, elle fait, à sa manière, table rase de toutes les conventions idéologiques et artistiques. Du réalisme à la fiction, elle interroge tout ce qui nous détermine : ce que nous voulons être, ce qu’autrui perçoit de nous – voir et être vu.

 

Marie Cécile Marmande

Marcel Desvergne

Président d'OPLINE
 
Michele Robine
Présidente du Prix OPLINE

ORLAN
Jean-Michel Raingeard
Christian Gattinoni
Didier Arnaudet
Commissaires

PARTENAIRES OFFICIELS

Soirée de lancement OPLINE PRIZE à l'agence WSB